La fin de la mort

D’après l’Organisation Mondiale de la Santé :
– Le tabac consume 8 millions d’êtres humains chaque année, dont 1,2 millions de fumeurs « passifs » exposés à sa fumée toxique,
– 1,35 millions de personnes sont conduites à la mort chaque année (mortalité des accidents de la route). La moitié de ces gens sont des piétons, des cyclistes ou des motards,
– 2,8 millions d’adultes qui sont dévorés par la mort, après avoir été diagnostiqués en surpoids ou taxés d’obésité.

La palme de la mortalité revient cependant – pour les quinze dernières années – aux cardiopathies ischémiques (15,2 millions en 2016), défaillance en forme d’hécatombes de cœurs, issues d’un ensemble de « maltraitances » quotidiennes (sédentarité, alcoolisme, tabagisme, obésité).

La pandémie psychologique du Corona Virus doit être ramenée à de justes proportions : 10,400 personnes ont été emportées par la maladie du COVID-19 depuis sa découverte en novembre 2019 en Chine centrale. Que se passerait-il si la classe politique mondiale décidait aujourd’hui d’appliquer des mesures coercitives et de quarantaine pour l’ensemble des épidémies actuelles, bien plus meurtrières, portées par le tabac, l’usage de la voiture et l’obésité ? Que signifie le message martelé par toutes les TV, radios et réseaux sociaux du monde, sinon que nous ne devrions plus accepter la mort comme facteur aléatoire, comme un phénomène « hors du contrôle humain ».

Je fume, je bois et je conduis mais j’en ai fait le choix donc le système peut fermer les yeux sur ces épidémies. En appliquant un facteur multiplicateur et proportionnel aux mesures qui sont prises pour lutter contre le tabac, il devrait exister aujourd’hui des camps de concentration pour fumeurs dans des pays « poubelles » dédiés à la quarantaine des pestiférés. On pourrait de la même façon montrer du doigt les conducteurs de voitures, accusés d’être « un danger planétaire » pour leurs semblables, et des équipes de mercenaires, payés par l’État, pourraient jeter des herses sous leurs roues pour immobiliser les véhicules. A la sortie de chaque Mcdonald’s, une brigade pourrait être chargée d’acheminer les inconscients vers un site de décontamination intestinale pour les mettre à la diète forcée d’un régime végan.

L’Humain est le seul mammifère, dans sa candeur (ou bêtise) suprême, à rêver d’une immortalité impossible

Et pourtant, rien de tout ceci n’existe. L’OMS est aux commandes de la communication globale sur la propagation du Coronavirus et se vante même d’avoir un site « live » permettant d’accéder aux nombres exacts de cas contaminés et aux décès directs causés par le COVID-19.

Il est nécessaire de s’interroger sur les messages envoyés aux jeunes comme aux personnes âgées, sur le futur qui est actuellement dessiné par l’élite mondiale et lentement accepté par les masses. Nous devons avoir le choix de mourir, nous devons avoir le contrôle des données sur nos comportements qui un jour nous amèneront à l’inéluctable : retourner sous terre et n’être qu’ombre et poussières.

La mort n’est pas une option quand la promesse de la seule catastrophe mondiale de ce virus : la peur qu’il génère, créée l’illusion pour chacun d’entre nous de pouvoir « choisir sa mort ».

Il suffit d’arpenter les ruelles vides et les chemins oubliés des randonneurs, de rôder sous les toits des palais cannois verrouillés à double tour, pour prendre conscience que cette situation inédite de l’année 2020 est l’une des plus graves mascarades humaines. Les organismes vivent et meurent, et chaque seconde sur la Terre livrent un carnage sous nos yeux : les insectes se déchiquettent, les animaux s’entredévorent, les oiseaux s’attaquent jusqu’au crash, tous assassinent pour survivre.

L’Humain est le seul mammifère, dans sa candeur (ou bêtise) suprême, à rêver d’une immortalité impossible. Nous rêvons de devenir notre propre Dieu, à défaut de n’en vénérer plus un seul. Nous ordonnons aujourd’hui à la Mère Nature de stopper son action fratricide par l’isolement de nos semblables. L’immobilité c’est la mort, dans la savane, comme à la maison. Redressez-vous, car si vous restez immobile vous mourez d’ennuis d’abord, de crampes ensuite, d’épuisement enfin.

La mort est partout et le monde des Humains tente aujourd’hui « le casse du siècle » : convaincre la majorité qu’il est « anormal » de partir et que la Nature ne devrait avoir aucun droit de vie ou de mort sur l’Homme. C’est l’histoire de la fin de la mort. Le libre arbitre disparaît, sans manifestations ni heurts. Le « soma », la drogue psychotrope présentée au peuple, dans le roman « le meilleur des mondes » (Aldous Huxley) arrive aux micros de tous les médias : il s’agit de la Peur.

On qualifiera d’héroïques des actes insignifiants hier, pour tenter d’insulter l’ADN de l’Humanité

Craignez votre voisine, fuyez votre boulanger, méfiez-vous du plombier car ils sont tous potentiellement porteurs d’un virus rare que l’Humanité ne contrôle pas. Le CORONA, ce n’est ni une bière, ni une blague, bientôt nous pourrons tous retourner à nos occupations qui nous prédestinent tous à une mort certaine : fumer, boire, manger, conduire, vivre.

Craignez le temps proche où ces libertés individuelles deviendront règlementées et où même le choix de votre propre mort vous échappera, car un système vous empêchera de vous gaver, une structure vous privera de vous déplacer, l’objectif final du contrôle sera alors atteint. Sauter en parachute sera le comble de l’acte subversif. On qualifiera d’héroïques des actes insignifiants hier, pour tenter d’insulter l’ADN de l’Humanité qui est toujours parvenu dans un concours génial de circonstances de survie, à déjouer la mort sans jamais cependant lui manquer de respect. Le panache est-il condamné à disparaître pour laisser la place à la constance de la médiocrité et de discours sans position ? Se lamenteront-on dans des temples virtuels, face à la perte d’un congénère, quand la planète consomme des millions d’organismes vivants chaque seconde ?

La mort est une échéance temporelle, une vague déferlante formée par un vent inconnu des Humains. Chaque opportunité de ralentir l’arrivée de la vague est saisie par les médias qui jouissent aujourd’hui d’une vigueur perdue. Cependant, leur précipitation et les outils de communications actuels, trahissent leur incapacité à apporter une réponse positive à la question que tout le monde se pose : vais-je mourir, et de quoi ?

Posez-vous la question en ces termes : Voulez-vous vraiment savoir ? Car il se peut que vous perdiez le goût de cette nourriture que vous appréciez tant, de ce verre que vous aspirez à midi, de cette cigarette que vous attendez chaque soir, ou de ce bois que vous fantasmez de traverser en courant. Chacune de nos actions nous tue, à petit feu. Chaque mouvement est une vibration qui fatigue l’ensemble de votre organisme et vous condamne à brûler les allumettes de votre boîte temporelle. « Pour conserver, il faut accepter de perdre et pour vivre, il faut mourir un peu » – Jack London (L’amour et rien d’autre). Qu’attendez-vous pour vivre ? Car la fin de la mort est encore très loin, et la crise du Coronavirus est ici pour nous le rappeler.

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